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Équiper une cabine de maquillage permanent
La dermopigmentation exige moins de puissance que le tatouage et beaucoup plus de précision. Un poste PMU bien monté se reconnaît à trois choses : la machine, la lumière et le nuancier.
Le dermographe
Une machine PMU se distingue d'une machine de tatouage par une course plus courte — souvent 2 à 2,5 mm — une vitesse stable à bas régime, et un poids réduit. Le geste PMU se fait au poignet, sur des zones de quelques centimètres carrés : le moindre déséquilibre de la machine se voit dans le trait.
Le sans-fil s'est largement imposé en cabine : plus de câble qui tire sur la main pendant un tracé de cils. Vérifiez l'autonomie annoncée en usage réel et prévoyez une batterie de rechange — une pose de sourcils dure plus longtemps qu'on ne le prévoit.
Assurez-vous que la machine accepte les cartouches PMU standard. Un système propriétaire vous lie à un seul fournisseur pour toute la vie de la machine.
Les cartouches
En PMU, les configurations utiles sont peu nombreuses mais très spécifiques : 1RL et 3RL pour le poil à poil sourcils et l'eye-liner fin, les nano en 0,18 à 0,25 mm pour le trait très fin, et des shaders de 3 à 7 aiguilles pour l'ombré sourcils et le remplissage lèvres.
Le diamètre compte davantage qu'en tatouage : une aiguille trop grosse sur une paupière laisse un trait qui s'élargit en cicatrisant. Le nano est la norme sur l'eye-liner.
Les pigments
C'est le poste le plus technique. Un pigment PMU doit être conforme REACH, tracé par lot, et choisi en fonction du sous-ton de la peau — pas seulement de la couleur souhaitée. Un brun mal choisi vire au gris ou au rouge en dix-huit mois, et la retouche coûte votre réputation.
Constituez un nuancier de base couvrant les sourcils du plus froid au plus chaud, deux teintes lèvres, un noir-brun eye-liner et deux correcteurs. Sur les carnations foncées, méfiez-vous des gammes standard : beaucoup manquent de bases chaudes profondes et virent au cendré.
Achetez petit et souvent. Les pigments ont une durée d'utilisation après ouverture courte, et un grand flacon rarement utilisé est une perte annoncée.
La lumière et le mobilier
Une lampe loupe à LED sans scintillement est indispensable : vous travaillez à quelques centimètres, sur des traits d'un dixième de millimètre. La lumière doit être neutre — une lumière chaude fausse la lecture des sous-tons au moment du mélange.
Côté mobilier : une table de soin à hauteur réglable et dossier inclinable, et surtout un tabouret à assise selle. La posture PMU est penchée en avant pendant deux heures ; c'est le siège qui décide de la durée de votre carrière.
L’hygiène
La dermopigmentation relève des mêmes obligations que le tatouage : déclaration d'activité à l'ARS, formation hygiène et salubrité, cartouches stériles à usage unique, collecteur DASRI, barrières de protection sur tout ce qui est touché en cours de séance.
Ajoutez-y ce qui est propre à la cabine : patchs et bavettes jetables, anesthésiants topiques conformes, et un protocole de nettoyage documenté du fauteuil entre deux clientes.
Questions fréquentes
- Peut-on faire du PMU avec une machine de tatouage ?
- Techniquement oui sur certaines zones, mais la course est trop longue pour le travail fin : le trait s'élargit et la cicatrisation est plus marquée. Sur l'eye-liner, c'est déconseillé sans réserve.
- Combien de pigments faut-il pour démarrer ?
- Un nuancier de six à huit références bien choisies couvre l'essentiel des carnations. Mieux vaut peu de teintes maîtrisées, avec des correcteurs, qu'un large éventail mal connu.
- La dermopigmentation est-elle soumise à déclaration ?
- Oui, au même titre que le tatouage : elle constitue une effraction cutanée. Déclaration ARS et attestation de formation hygiène et salubrité sont obligatoires.